Les yeux mixtes

           L es colorations noisette, verte, jaune, ou encore dorée font partie en iridologie de ce que l’on appelle les colorations mixtes. L’adoption de la couleur mixte de l’iris peut avoir plusieurs origines :

  • Origine innée. Si au moins l’un des deux parents possèdent des yeux verts ou noisettes, il est possible qu’il le transmette à l’enfant du couple. Dans ce cas, l’enfant ne présentera pas forcément les caractéristiques cliniques due à un tel œil.
  • Origine acquise. Un excès et une accumulation de toxine chez l’enfant HP ou LF (intolérance au lait infantile…). Ici, en revanche, les « faiblesses physiologiques » dont je parle plus bas dans l’article auront beaucoup plus de probabilité de s’exprimer.

Il existe plusieurs types d’iris mixtes. Je vais vous présenter dans cet article les deux principaux, à savoir le mixte hépatobiliaire et sa variante le mixte pancréatique.

Voici les liens pour vous rendre directement au chapitre qui vous intéresse:

1. Repérer une constitution mixte
2. Les faiblesses du mixte hépatobiliaire
3. Pour aller plus loin
     a/ L’acide oxalique
     b/ L’acide urique
4. En bref

 

  • Repérer une constitution mixte

          Un individu porteur d’iris lymphatique fibrillaire surchargé de toxines endogènes (que l’organisme génère) ou exogènes (que l’environnement apporte) durant des années adoptera peu à peu un œil de couleur mixte. Les fibres radiaires sont toujours visibles en périphérie de l’iris.

Un individu porteur d’iris hématogène pigmentaire lui aussi surchargé de toxine, verra son stroma se faire ronger par les toxines (acides++). Le velours normalement homogène et brun de l’iris, prendra alors un aspect délavé, jauni ou orangé. Les fibres ne sont jamais visibles même en périphérie.

En ce qui concerne, les sous constitutions hépatobiliaires qui nous intéresse, l’évolution de la couleur de l’iris prendrait son origine dans un dérèglement hépatobiliaire qui libérerait dans le sang un composé dérivé de la bilirubine (composé issu de la dégradation de l’hémoglobine par le foie).

Une sous constitution hépatobiliaire se repère à sa couleur noisette, verdâtre. En regardant à la loupe, on observe souvent une distinction de couleur entre le centre (proche de la pupille) et le reste de l’iris. La zone entourant la pupille présente un nappage marron foncé, jaune rouille,beige, parfois orangée pour la variante pancréatique. Il s’agit d’une accumulation d’acide oxalique. Nous y reviendrons plus loin.

Ci-contre, un iris mixte qui parait être vert, noisette lorsque on le regarde à l’œil nu.

L’oeil peut également être chargé en acide urique, un autre acide de couleur jaunâtre que l’on peut observer en iridologie. Naturellement, un acide jaune sur un œil bleu donnera un œil verdâtre en apparence. L’acide urique « débutant » toujours au niveau externe de l’iris (périphérie) et pouvant se rapprocher parfois jusqu’à la collerette, mais jamais au delà.

Pour résumer, nous retrouvons, de l’acide oxalique (beige, marron) à proximité de la pupille et de l’acide urique (couleur jaunâtre)en périphérie.

La localisation et la proportion de ces acides, associées à la constitution initiale de l’iris (œil bleu ou brun) donnent  la couleur mixte de l’œil. Ci -dessous, deux yeux mixtes. Il est clair, que la couleur est totalement différente, pourtant ici, les iris sont initialement de constitution lymphatique fibrillaire (œil bleu).

En haut, un iris mixte de sous constitution hépatobiliaire avec peu d’acide urique que l’on peut voir en périphérie de l’iris sous forme de légers nuages jaune-blanchâtre. Observons, que les fibres restent facilement visibles.

En bas, un iris mixte hépatobiliaire avec beaucoup d’acide urique. L’oeil semble jaune et les fibres sont plus difficiles à observer.

  • Les faiblesses du mixte hépatobiliaire ou pancréatique

          La tendance héréditaire ou acquise de cet iris mixte s’inscrit essentiellement au niveau du foie, de la vésicule biliaire et de ses voies mais aussi du pancréas (pour la variante pancréatique).

Les faiblesses de la sous constitution hépatobiliaire sont généralement liées à:

  • des difficultés d’assimilation;
  • des troubles du fonctionnement hépatique,;
  • une mauvaise digestion des graisses;
  • des nausées;
  • et souvent un microbiote (flore bactérienne du côlon) déséquilibré à l’origine de ballonnements, flatulences, constipation, diarrhées voire d’hyperperméabilité intestinale.

Les faiblesses spécifiques de la variante pancréatique sont comme le nom l’indique liées à la glycémie et la capacité du corps à gérer l’apport de sucre dans l’alimentation.

Parfois, on peut observer une baisse d’énergie en fin de matinée et / ou d’après-midi selon le naturopathe Dominick Léaud Zachoval.

Les individus porteurs d’iris mixte à tendance hépatobiliaire variante pancréatique devront faire d’autant plus attention à la qualité et quantité des glucides ingérés.

Voici quelques recommandations (liste non exhaustive) que vous pourriez suivre :

       – Limiter voire supprimer les glucides à index glycémique élevé (aliments industriels raffinés, farine blanche etc);

– Supprimer les sources « inutiles » de sucre (confiserie, sodas sucrés, sirop de glucose-fructose etc);

– Consommer des aliments à index glycémique modéré à faible;

– Consommer des aliments « semi-complet » voire complet si l’état intestinal le permet (pâte, riz, pain semi complet ou complet etc). Attention tout de même aux pains « multi-graines » qui sont souvent difficilement digestible;

– Pratiquer une activité physique régulière et suffisante en intensité et en durée (voir la conclusion de mon article  Naturopathie et activité physique ici);

– Surveiller sa glycémie au moins une fois par an et faire un bilan sanguin annuel;

– Ne pas hésiter à se rendre chez le médecin en cas de grosse fatigue après chaque repas.

Pour aller plus loin

Attention, cette section, comme son nom l’indique, s’adresse aux personnes qui veulent comprendre plus en détails l‘origine de l’acide oxalique et de l’acide urique. J’ai volontairement simplifié les explications et schémas afin de ne pas vous perdre. Ceux qui ont étudié la biochimie et les réactions métaboliques du corps humain savent à quel point cela peut vite devenir complexe et dense si l’on cherche à tout developper.

1/ L’acide oxalique

L’acide oxalique que l’on observe au niveau de l’iris sous forme de nappe brune-orangé signe souvent un déséquilibre du microbiote, une hyper-perméabilité intestinale, sinon divers troubles digestifs allant de la constipation, à la diarrhée, en passant par l’excès de flatulences et de ballonnements.

Il peut avoir diverses origines.

  • 15 % provient de la consommation d’aliments riches en oxalate de calcium notamment les fameux ROBECA (Rhubarbe, Oseille, Betterave, Epinard, Cresson, Asperge). On en retrouve également dans les haricots, la noix, le thé et le chocolat pour ne citer que les principales sources alimentaires.
  • 85% provient du métabolisme de l’acide ascorbique (vitamine C), des glucides et des acides aminés sérine, glycine, tryptophane et proline.

Au niveau endogène, c’est à dire métabolique, biochimique, la dégradation du glucose aboutit à 90 % de pyruvate (précurseur métabolique clé pour produire de l’énergie) et 10% de sérine qui elle-même donne de la glycine.

La sérine intervient dans la production de protéines, de lipides membranaires et d’acides nucléiques (ADN ++). Son métabolisme aboutit à la production d’acide oxalique.

Deux autres acides aminés, le tryptophane mais aussi la proline aboutissent dans leur métabolisme à la production d’acide oxalique.

Ainsi un excès d’apport en sucre (glucose, fructose, xylitol, galactose) et en protéine animale aboutiront à la production accrue d’acide oxalique si le terrain de l’individu y est propice.

Pour les naturopathes, l’acide oxalique est produit lorsque qu’il y a fermentation excessive de glucide (surtout raffiné) dans le colon ascendant. Fermentation qui peut être due à :

  • Incompatibilité alimentaire récurrentes. Voir ici et ici pour plus de détails.
  • Microbiote déséquilibrée (mauvaises habitudes alimentaires, nourrisson non allaité au sein)

Ci dessous, un schéma simplifié pour résumer.

NDLR: A noter que je n’ai pas trouvé de sources sûres en ce qui concerne la proportion d’oxalate éliminé sous forme de CO2 et d’acide hippurique. J’ai donc préféré ne rien noter sur le schéma.

Au-delà de toutes ces considérations biochimiques, je pense qu’il ne faut pas oublier la notion de terrain de l’individu. Beaucoup de personnes consomment trop de protéines animales, de sucres ou parfois de vitamine C et pourtant toutes non pas d’acide oxalique en excès.

Une faiblesse rénale et / ou hépatique associée à un environnement cellulaire (liquide interstitiel) encrassé par un excès de toxines et de polluants sont je pense nécessaire pour que l’acide oxalique se déposent au niveau intestinal et soit de ce fait visible au niveau de l’iris en périphérie de la pupille (localisation irienne du système digestif).

Généralement, les troubles métaboliques proviennent d’un déficit en enzymes ou en leurs précurseurs. Une faiblesse de fonctionnement du foie associée à des carences en micronutriments et oligoéléments peut selon moi facilement aboutir à un tel phénomène.

De même, récemment (1) des chercheurs ont observé chez la souris que le fructose était prioritairement dégradé au niveau intestinal. En revanche, lorsque sa consommation devenait trop importante pour les capacités métaboliques des souris, alors il était dégradé au niveau hépatique. Il me semble raisonnable de pouvoir faire le parallèle avec l’organisme humain.

Ainsi, rajouter une consommation excessive de fructose (même de fruits) sur un foie déjà surchargé de travail voire héréditairement fragile (sous constitution hépatobiliaire voire constitution hématogène pigmentaire) ne me semble pas être la meilleure des idées…A bon entendeur.

2/ Acide urique

L’acide urique s’observe sur l’iris sous forme de nappes, flocons, plaques ou nuages jaunâtres à blanc. Sur un iris bleu, il donne souvent un aspect verdâtre ou jaunâtre à l’œil. Sur un iris foncé, il donne un aspect délavé du stroma. L’oeil parait noisette.

Une accumulation d’acide urique participe à l’acidose tissulaire et métabolique latente dont je vous ai parlé sur l’article dédié au yeux bleus (cliquez ici pour y accéder). Je rappelle que cette acidose favorise les états inflammatoires de l’organisme.

Ci-dessous, un schéma simplifié présentant les diverses sources connues à ce jour, à l’origine d’acide urique.

Légende:

AMP / ADP / ATP : Adénosine Mono / Di / Tri Phosphate

GMP : Guanosine Mono Phosphate

IMP: Inositol Mono Phosphate

  • En bref

Cet article clôture mon premier dossier sur l’iridologie. J’espère que la lecture de cette série d’article vous a apporté des éléments de réponse sur le fonctionnement de votre organisme.

Comme je l’ai dit et redit plusieurs fois dans ce dossier, l’iridologie ne diagnostique rien du tout et n’est pas une preuve scientifique infaillible que tels ou tels symptômes clinique vont s’exprimer. A mes yeux, il s’agit ni plus ni moins d’un outil extrêmement efficace et pertinent à utiliser en séance de naturopathie.

Je vous ai proposé à travers cette série d’article d’observer, d’analyser et de comprendre les principales informations que vos iris peuvent vous apporter. Voyez cela comme un élément de curiosité vous poussant à faire davantage attention à votre hygiène de vie globale.

La majorité des iris sont remplis d’acide urique, d’acide oxalique, d’acide pyruvique, de tâches, de signes, d’anneaux divers et variés etc. Je pense qu’au lieu de nous faire peur, cela devrait nous pousser à prendre notre vie en main et à faire des choix judicieux et réfléchis pour améliorer nos modes de vie afin de vivre vieux certes, mais surtout en bonne Santé.

Nous pouvons acheter 50 voitures, maisons, terrains, électroménager et autres objets que l’on jugent indispensables et penser avoir une vie de rêve.

Le jour où l’on se rend compte que notre organisme ne peut pas se racheter, qu’il est unique et qu’il faut savoir l’écouter et en prendre soin, il est parfois trop tard. Alors on passe le reste de notre temps à faire « réparer » ce que l’on peut à coup de bistouri, médicaments ou autres. Cela me semble dommage de devoir en arriver là.

Comme le dit mon petit Naturoboy : « adopter chaque jour une hygiène de vie saine et équilibrée est le premier pas vers la santé ».

Bibliographie

(1) Jang et al., Cell Metabolism (Fevrier 2018). Page consultée sur https://www.cultures-sucre.com/document/fructose-metabolise-prioritairement-lintestin-grele-non-foie/

Cet article a 1 commentaire

  1. Karine

    Bravo !

    C’est très complet.
    Quel plaisir de lire tout ça.

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