Culture physique et déséquilibre musculaire    

Pour E.Desbonnet, la culture physique, qu’il appelait aussi « gymnastique des organes », avait pour but de :  « de corriger les défauts corporels, de faire acquérir une musculature harmonieuse, de faciliter le travail des organes, d’accumuler une force véritable et de conserver une longue jeunesse. »

Nous avons vu dans l’article « le sport est-t-il toujours bénéfique pour la santé? » que le sport présentait de nombreux avantages mais également quelques inconvénients. De son côté, pour que la culture physique reste un outil de santé, il convient de bien la pratiquer afin d’éviter de se blesser mais aussi de développer de lourds déséquilibres musculaires.

Ces derniers peuvent altérer l’équilibre et la qualité de nos fascias et donc de notre milieu intérieur.

De plus, les déséquilibres musculaires génèrent un corps peu esthétique et harmonieux. Beaucoup de pratiquant de culture physique ont des bustes épais, de gros bras mais des membres inférieurs grêles. Parfois les cuisses sont bien développées comparativement aux mollets. D’autres fois, seuls les bras sont développés etc.

Voici les exemples les plus marquants de déséquilibres « majeurs » que j’ai pu observer en salle de remise en forme et leurs conséquences éventuelles:

Je tiens à préciser que cet article concerne et risque de n’intéresser que les pratiquants réguliers de « musculation ».

1/ Enroulement des épaules vers l’avant :

Posture fermée engageant essentiellement les muscles de la chaîne de flexion (Busquet).

Souvent, les pectoraux et les deltoïdes (partie antérieure) sont travaillés d’avantage ce qui leur confère une grande tonicité et un faible étirement comparativement aux muscles du dos (rhomboïde, trapèze moyen) et à la partie postérieure (partie arrière) des deltoïdes (muscles des épaules) qui de leur côté sont plutôt faibles et étirés.

Ce déséquilibre emmène à terme une cyphose cervicale, les quadriceps en extension et les pieds plats avec toutes les conséquences que cela entraîne (risque de formation d’oignons, douleurs aux genoux et dans les lombaires, inflammation de la voute plantaire etc.)

2/ Posture arqué de l’ensemble du corps

Posture ouverte engageant essentiellement les muscles de la chaîne d’extension de la hanche (Busquet).

Ici, les muscles du dos mais surtout les fessiers, les ischios jambiers et les muscles postérieurs du mollet sont trop toniques et peu étirés comparativement aux muscles quadriceps.

Ce déséquilibre peut entraîner une tension dans les pieds par ouverture des genoux conduisant à un creusement de la voute plantaire. Or, nous le verrons avec les articles sur la réflexologie plantaire, nos pieds reflètent le fonctionnement de notre organisme.

Ce déséquilibre pourrait également accentuer les lombalgies.

 

3/ Enroulement du tronc

Posture fermée engageant essentiellement les muscles de l’abdomen, le diaphragme, le périnée, les intercostaux moyens et les fléchisseurs du cou.

La conséquence d’un excès de tonicité de ces muscles suite par exemple à un travail trop important des grands droits (notamment avec l’exercice Crunch ou enroulement du buste) et à un manque de travail des muscles érecteurs du rachis (muscle « lombaires »).

Ce déséquilibre entraîne un risque de délordose lombaire, un thorax bloqué avec difficulté à respirer amplement et une pression intra-abdominale excessive pouvant altérer le bon fonctionnement des viscères notamment.

 

4/ Hyperlordose lombaire

Posture ouverte engageant essentiellement les muscles lombaires, le muscle piriforme, les muscles psoas et iliaques fléchisseurs du bassin et les muscles de l’abdomen.

Ici, la faiblesse abdominale, l’excès de tonicité du muscle psoas et du piriforme ainsi que le travail trop important des muscles « lombaires » entraîne l’excès de lordose lombaire que l’on appelle ainsi HYPER lordose lombaire.

Ce déséquilibre peut d’une part favoriser l’inflammation de muscles et nerfs de l’articulation sacro-iliaque (piriforme et psoas) et d’autre part créer des lombalgies chroniques.

  • Déséquilibres musculaires mineurs

J’ai pu également observer très souvent en salle de remise en forme des déséquilibres  « mineurs « .  Il est extrêmement difficile, voire impossible, de ne pas en avoir. Ces déséquilibres altèrent l’harmonie du corps et des forces musculaires.

En effet, une fois qu’un muscle a pris l’avantage sur un autre, qu’il soit synergiste ou non (muscles associés pour réaliser un mouvement), il est très difficile de rétablir un équilibre sur le plan visuel mais aussi sur celui de la force. La conséquence est potentiellement la formation à moyen et long terme d’un déséquilibre « majeur ».

Prenons un exemple :

Une personne qui travaille excessivement ses biceps et ses muscles des avant-bras, peut avoir du mal à « sentir » son dos travailler durant les exercices qui pourtant lui sont destinés. En effet, ses membres supérieurs très développés prennent le dessus durant les exercices de tirage qui font intervenir de façon synergiste les muscles du dos mais aussi les muscles des membres supérieurs notamment. Une telle personne pourrait réagir de plusieurs manières :

– prendre plus lourd durant sa séance de dos pensant pouvoir favoriser son développement musculaire

– prendre plus léger et favoriser le volume au dépend de l’intensité et du tonnage de la séance

– cesser d’entraîner ses bras et avants bras afin de mettre l’accent sur le travail du dos

– se démotiver et ne plus entraîner le dos sous prétexte que quoi qu’il fasse il ne gagne pas de masse musculaire

– etc

Dans cet exemple, la personne ne parvient pas à développer son dos à cause de ses bras surdéveloppés. Par contre, les pectoraux et les épaules ont toujours étés ses points forts. II dit lui-même préférer les séances de poussée (travail des muscles de type pectoraux, triceps, épaules, avant des cuisses et mollets) plutôt que celles de tirage (travail du dos, arrière des cuisses, biceps).
Le risque, à terme, est de développer un déséquilibre majeur tel qu’un enroulement des épaules vers l’avant voire un enroulement du tronc.

Cet exemple un peu caricatural, quoi que, me permets de vous faire prendre conscience de l’importance d’un travail équilibré, bien pensé et bien mené en culture physique.

Vous l’avez compris, je suis un très grand passionné de culture physique que je pratique depuis quinze ans maintenant. A mes yeux, chacun devrait pratiquer l’entrainement avec poids, élastiques et haltères pour sa santé. Je ne parle évidemment pas de faire du bodybuilding intensif, mais de renforcer et d’équilibrer ses grands groupes musculaires.

De son côté la pratique du sport loisir ou compétitif (non excessif) est également intéréssante pour se détendre, oublier les difficultés professionnelles ou familiales, enrichir sa vie sociale, voire se dépasser dans l’effort et ainsi améliorer ses capacités cardio vasculaires et respiratoires.

La pratique sportive est rarement motivée en premier lieu par la recherche de la santé. Toutefois, elle reste bénéfique pour l’améliorer et bien qu’elle présente des inconvénients sur le long terme lorsqu’elle est excessive  je vous encourage à pratiquer régulièrement le sport qui vous convient. La sédentarité est un fléau et les conséquences pour la santé sont importantes. Le mouvement reste indispensable pour conserver notre Santé.

  • En bref

Dans cet article j’ai essayé de vous montrer rapidement certains risques dus à la pratique de la culture physique mal réalisée .

Je suis conscient que j’ai dû perdre un certain nombre d’entre vous. Malheureusement, de nos jours, peu de personne semble intéressé par la culture physique. On laisse la « musculation » aux jeunes qui veulent « faire les beaux sur la plage » ou se regarder dans les miroirs de la salle… Elle est souvent considérée comme une activité pénible, non ludique et bonne qu’à faire de la « gonflette ». En réalité, c’est une activité adaptée et conseillée à toutes et à tous. Je parlerai de cette formidable adaptabilité dans des articles ultérieurs. Je vous montrerai que c’est une activité qui rentre totalement dans le cadre des activités physiques adaptées.

Cet article concerne essentiellement les personnes qui pratiquent assidument la « musculation » et qui ne prennent pas toujours en compte l’impact des déséquilibres musculaires sur un plan autre que purement esthétique.

Avec les articles de Superforce, mon but n’est pas de vous rendre extrêmement musclé ou performant mais plutôt d’adapter la pratique de l’entrainement avec poids, élastiques et haltère à votre situation et d’en faire un formidable outil de santé.

Philippe France

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